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Au Port de Strasbourg, les entreprises vont améliorer leur bilan carbone et fournir de la chaleur aux quartiers voisins

15/12/2020

On l’appelle chaleur « fatale » : c’est l’énergie thermique dissipée par l’ensemble des fours, chaudières, réacteurs et machines qu’utilisent les entreprises industrielles pour produire des biens et matériaux. Cette ressource est une opportunité énergétique dont le Port autonome de Strasbourg, R‑CUA, filiale de la société d’économie mixte R-GDS et la Banque des Territoires ont décidé de se saisir. Valoriser la chaleur fatale en énergie vertueuse : c’est l’objectif du projet R‑PAS.

La chaleur produite par les procédés industriels de production ou de transformation constitue une ressource énergétique de très grand intérêt pour les territoires. Comme le souligne l’Ademe (Agence de la transition énergétique), la récupération et valorisation de chaleur fatale constitue aujourd’hui le premier gisement de chaleur renouvelable en France.

C’est dans cette ambition que s’inscrit R-PAS, le réseau de chaleur bas-carbone de Strasbourg, dont les travaux ont démarré début septembre. Initié en 2015 dans le cadre d’un partenariat liant le Port autonome de Strasbourg à l’énergéticien R‑CUA, ce projet est le fruit d’un étroit dialogue avec les industriels du Port. L’idée de départ du Port de Strasbourg était d’étudier la possibilité de créer des synergies entre industriels et ensuite de valoriser l’excédent de chaleur en l’exportant vers les quartiers proches, par le biais de réseaux de chaleur urbains neufs ou existants – et de contribuer ainsi à la décarbonation du territoire.

Le projet R-PAS s’inscrit pleinement dans l’objectif fixé par l’Eurométropole de Strasbourg d’être un territoire 100% énergies renouvelables et de récupération d’ici 2050. Il bénéficie de l’accompagnement de la Banque des Territoires, présente au capital de la société porteuse du projet, au titre de son action au bénéfice de territoires plus durables, et du soutien financier du fonds Chaleur de l’Ademe.

La chaleur fatale, une énergie doublement vertueuse

Si l’Ademe classe la chaleur fatale parmi les meilleurs contributeurs à la transition énergétique, c’est d’abord en raison de sa parfaite neutralité carbone, mais aussi de son abondance et de sa faculté à se substituer aux chaufferies thermiques. La chaleur récupérée sur des process industriels présente la particularité d’être par nature « inéluctable », puisqu’elle est produite pour servir un process industriel déjà existant. Sa seconde valorisation offre à cette chaleur une deuxième vie, au cours de laquelle elle pourra se substituer aux énergies fossiles pour alimenter d’autres procédés industriels, mais aussi pour chauffer plusieurs milliers de logements par le biais de réseaux de chaleur.

Ainsi pour la première tranche du projet R-PAS à Strasbourg, pas moins de 11 km de réseau neuf seront posés pour relier les premiers sites industriels du Port, puis prolonger cette infrastructure vers les secteurs urbanisés et réaliser l’interconnexion avec des réseaux existants.

Cela permettra notamment aux réseaux alimentant les quartiers Coop et Wacken de poursuivre leur croissance, tout en accélérant leur transition énergétique.

Blue Paper sera le premier site à fournir sa chaleur au réseau

La première tranche du projet, dont les travaux ont démarré fin septembre, concerne le site du papetier Blue Paper, identifié dès l’origine du projet comme l’un des meilleurs gisements de chaleur de récupération du Port. Sur le site du papetier, la chaleur est en effet récupérée sur un process lui-même largement décarboné, puisqu’il utilise comme combustible de la biomasse. On peut donc affirmer que la chaleur récupérée sur le site Blue Paper sera doublement décarbonée, d’abord du fait de sa production initiale vertueuse issue de la valorisation de la biomasse pour un usage industriel, ensuite de sa récupération pour une seconde utilisation sur le réseau R-PAS. De plus, cette énergie propre récupérée ne génère aucune émission atmosphérique supplémentaire, contribuant ainsi aux efforts collectifs de maîtrise de la qualité de l’air.

Dès 2021 le réseau R-PAS permettra de fournir 45 à 50 GWh de chaleur décarbonée, effaçant ainsi 15.000 tonnes d’émissions de CO2. A terme, la fourniture de chaleur à partir du site Blue Paper sera plus que doublée pour atteindre 100 GWh/an, soit 30.000 tonnes de CO2 évitées. Par la suite, le raccordement de nouveaux gisements de chaleur fatale doit permettre au réseau de chaleur R-PAS d’atteindre une capacité totale de 160 GWh de chaleur décarbonée, équivalent à la consommation de 35 000 logements neufs.

L’investissement porté par R-PAS s’élève à 10 millions d’euros pour la première phase de travaux, sur les équipements de valorisation de chaleur et la pose de 3 km de réseau neuf permettant l’interconnexion avec les réseaux « Eco2Wacken » et « quartier Coop » existants. A cela s’ajouteront 8 millions d’euros pour le développement du réseau du Wacken au moyen de 9 km de canalisations. Blue Paper investit pour sa part 3 M€ dans l’installation des équipements de récupération de chaleur sur les circuits de sa chaudière biomasse.